Mar 03
Frédéric

Les séries photographiques

La série photographique semble incontournable. Elle est souvent considérée comme le format standard, obligatoire, par lequel un photographe qui présente des velléités artistiques doit passer. Les diktats de la mode ont tendances à m’énerver. Celui de « la série » n’a pas fait exception… jusqu’à peu.

Par esprit de rébellion, sans doute un peu puéril, mais aussi parce que je me suis toujours senti plus attiré par un style « reportage », je m’étais toujours dit que j’éviterai de tomber dans les poncifs un peu pédants de la « série artistique », qui fait les beaux jours des galeries marchandes. Mais je dois bien reconnaître mon erreur. Cette étape est assez naturelle dans un parcours photographique, même dans le reportage.

Lorsqu’on commence à photographier beaucoup, on affine son style mais on découvre aussi ses « tendances ». On pourrait poétiquement dire qu’il s’agit de la partition de sa personnalité, de sa mélodie, ce qui nous traverse et influence inconsciemment notre vision du monde et nos actes. Mais de manière plus terre à terre, je crois qu’on peut simplement parler d’obsessions ou d’esprit de collectionneur. Certaines choses nous attirent, certaines émotions nous rendent enthousiastes, certains thèmes nous transportent, viscéralement. Plus on photographie, plus on prend conscience des points communs qui relient certaines photos. Les premières séries naissent donc spontanément autour de ces obsessions, petit à petit révélées. On découvre alors qu’une série, par sa cohérence et son automatisme, décuple la puissance du propos ou de l’acte photographique et crée du confort dans le travail. Le spontané va alors se transformer en intention, et on se met de plus en plus à réfléchir son travail en terme de cohésion esthétique et thématique. La série s’est alors imposée et devient source de désir.

Il ne faut probablement pas tout penser en terme de « série ». Cela limiterait notre liberté et notre capacité à lâcher prise. Mais il ne faut pas la fuir non plus, comme je le faisais bêtement au début. Peut-être aussi, avais-je simplement peur de m’attaquer à ce travail. Je me considère plus comme un photographe de « reportage » qu’un photographe de « série » mais j’avoue ne plus vraiment distinguer la frontière. Et tant que je ne devrais pas me forcer, que le flux sera naturel, j’essayerai de laisser parler en moi les séries qui frappent à ma porte.

Frédéric
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